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01/09/2017

Humidité et température sous monitoring

Humidité et température sous monitoring

Le plus grand musée d’archéologie de Suisse – le Laténium de Neuchâtel – conserve plus d’un demi-million d’objets de l’époque de Néandertal jusqu’à la Renaissance. L’ennemi numéro un de tous ces vestiges antiques: les variations d’humidité relative et de température! Non climatisé, le musée dispose depuis 2001 de capteurs pour surveiller le climat. Mais ceux-ci, obsolètes, ont été remplacés par des sondes Rotronic, des «mouchards» high-tech ultra-précis reliés à un logiciel dédié qui offre un contrôle sur toutes les vit rines et les salles d’exposition ainsi que les dépôts. Une efficacité énergétique parfaitement maîtrisée.

524’450, c’est le nombre d’objets de l’époque de Néandertal jusqu’à la Renaissance que compte le Laténium, le plus grand musée archéologique de Suisse. Là, au bord du lac de Neuchâtel où autrefois les lacustres ont construit leurs maisons, est érigé un bâtiment sur une surface de 6’600 m² pour abriter les collections. Héritier direct d’une ancienne institution, le Musée cantonal d’archéologie, le Laténium, retrace depuis 2001 quelque 50’000 ans d’histoire régionale, mis en scène dans une perspective universelle, «entre Méditerranée et mer du Nord».

Un fort ancrage populaire

Qu’est-ce qui en fait le musée le plus grand de Suisse? «Il y a un fort ancrage populaire de l’archéologie depuis 150 ans dans la région. D’énormes travaux de recherche, qui ont commencé en 1964 déjà, y ont été conduits le long de l’autoroute depuis les communes d’Auvernier et de Saint-Blaise notamment», explique Marc-Antoine Kaeser, son directeur.

Le musée est rattaché à l’Office du patrimoine d’archéologie cantonal. Dans ce bâtiment, une quarantaine de personnes y oeuvrent par des collaborations universitaires. Doté d’une muséographie résolument moderne, il a reçu le Prix du Musée du Conseil de l’Europe. Archives papier, photos, anciennes plaques de verre, manuscrits anciens, céramiques, marbre, silex, bronze, fer ou même des matières organiques (tissus divers) sont ainsi entreposés sur ce site dont le nom est issu de La Tène, référence à la civilisation celtique qui a habité l’Europe entière, de l’Irlande à la Turquie, 450 à 50 av. J.-C. Mais les richesses de l’établissement couvrent aussi des époques plus anciennes (les nomades du Paléolithique puis les «Lacustres» du Néolithique et de l’âge du Bronze) et plus récentes (civilisation gallo-romaine et Moyen Âge: objets en bois, textiles, vannerie, paniers en osier, etc.).

Stopper la dégradation en laboratoire

Comment les conserver? «Lorsqu’on trouve un objet archéologique, c’est le fruit d’un miracle. On le sort de son milieu et on le met quelque part dans de bonnes conditions», observe Christian Cevey, responsable du laboratoire de conservation-restauration du Laténium. On s’en doute un peu. Comme chez nous les humains, des processus chimiques provoquent, au fil du temps, une certaine décadence sur ces objets: «Ils se dégradent plus ou moins vite.
Le rôle de notre laboratoire, c’est de stopper cette dégradation. C’est là que la question du climat devient importante.» Et s’ils ne sont pas conservés dans de bonnes conditions, ils se détériorent très rapidement malgré leur restauration.
Ainsi, tout ce qui est organique doit être conservé à une humidité relative proche de 50%.

D’ailleurs, le Laténium dispose de deux laboratoires: celui de datation des objets en bois (dendrochronologie) qui fournit des services spécialisés appréciés dans la région. Puis celui de conservation-restauration.

50% d’humidité nécessaire

Quelle est l’utilité des sondes Rotronic? Dans cette surveillance climatique, tout ce qui est organique est particulièrement fragile, car les matières peuvent se fissurer en fonction des variations du climat. «On essaie de stabiliser et de maintenir les objets le plus possible à 50% d’humidité relative, mais il faut savoir que notre musée, qui a obtenu le label Minergie, n’est pas climatisé !» relève Christian Cevey. La direction a donc décidé de climatiser séparément chaque vitrine du musée contenant les objets archéologiques et d’y rajouter l’humidité nécessaire. Le climat est ainsi maintenu au taux d’humidité relative désiré avec des cassettes munies d’un matériau-tampon. «Avec le logiciel RMS (Rotronic Monitoring System) dédié de Rotronic, je peux contrôler tout le musée depuis mon écran d’ordinateur. L’application informatique génère des graphiques sur une année (ou par heure, jour, semaine), ce qui permet d’avoir une meilleure vue d’ensemble par rapport à l’ancien système. De plus, cette nouvelle interface permet de choisir de quelle période à quelle période l’on désire le graphique.» Ainsi, les graphiques générés permettent de suivre les variations saisonnières ou hebdomadaires de l’humidité et de la température et d’en repérer des anomalies.

Auparavant, le Laténium disposait de sondes anglaises et d’un programme informatique devenus tous deux obsolètes, lesquels ne donnaient qu’une vision ponctuelle. Maintenant, le musée d’archéologie offre une vue globale sur l’emplacement détaillé des capteurs et peut en assurer un contrôle optimum. «La précision de l’humidité, c’est notre principale force», souligne Marcel Rohrbach, représentant commercial chez Rotronic.

«Après un appel d’offres, on a choisi ce système-là, car on parvient à une précision de variation d’humidité de l’ordre de 0,8% en dessus et en dessous, alors que cela est plus ou moins 2% à la concurrence», renchérit Christian Cevey séduit également par la souplesse et l’efficacité du service après-vente de l’entreprise zurichoise.

70 sondes

«Plus de quinze ans après l’ouverture du Laténium, on a voulu revoir un certain nombre de fondamentaux: par exemple l’éclairage et la surveillance climatique qui ont leur importance pour une bonne conservation des objets», développe encore Marc-Antoine Kaeser. Aujourd’hui, une septantaine de sondes sont disséminées dans les vitrines du musée. L’hygrométrie du plus grand musée archéologique de Suisse est désormais sous contrôle. Pour une conservation exemplaire.

Les projets scientifiques du laténium

Le laboratoire de conservation-restauration du Laténium est associé à divers projets scientifiques, dans les domaines de la recherche fondamentale en conservation-restauration ainsi que dans la recherche appliquée (développement de produits commercialisables). Ces recherches sont conduites dans le cadre de collaborations avec les instituts scientifiques des universités ou des hautes écoles, ainsi qu’avec d’autres partenaires muséographiques. Il entretient à cet égard une relation privilégiée avec la filière suisse de formation en conservation-restauration, basée à la Haute École ARC Neuchâtel. Selon les besoins des collaborations du musée, le laboratoire exécute ponctuellement des mandats de conservation- restauration pour des tiers, dans ses domaines de spécialité.
www.latenium.ch